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La onzième heure du onzième jour du onzième mois de 1918, les armes se taisent après plus de quatre ans de bruit, de fureur et de carnage. La liesse des vainqueurs s’accompagne d’une immense lassitude et d’une grande tristesse devant l’effroyable bilan de cette première guerre mondiale : neuf millions de soldats tués dont un million quatre cent mille Français (un jeune sur cinq), des millions de blessés près de quatre millions de Français meurtris dans leur chair dont un quart d’invalides, d’amputés, de « gueules cassées », des troubles psychiques souvent irréversibles, 700 000 veuves, de nombreux orphelins. Il faut ajouter 300 000 civils tués, l’épidémie de grippe dite espagnole qui tue encore 400 000 personnes (entre cinquante et cent millions dans le monde), le déficit des naissances (une perte estimée en France à 1,6 million). La guerre à l’ouest s’est déroulée essentiellement sur le territoire français, les dégâts matériels y sont innombrables : 550 000 maisons et 30 000 bâtiments civils détruits, de nombreuses mines et usines, trois millions d’hectares de terres agricoles… La production industrielle de la France ne retrouvera son niveau de 1914 qu’en 1924, pour la population il faudra attendre 1950, sans compter que les campagnes sont saignées à blanc et que l’exode rural est accentué par le fait que la paysannerie a payé le plus lourd tribut à l’hécatombe. Ceux qui reviennent du front ont parfois du mal à reprendre leur activité. Enfin, le 11 novembre ce n’est pas la paix pour tous. Ainsi que le montre actuellement une exposition aux Invalides, la guerre se poursuit à l’est de l’Europe, 900 000 Français restent mobilisés et participent à des corps expéditionnaires parfois lointains. Guerres civiles en Allemagne, Russie,
Hongrie, Ukraine… Guerres régionales entre Grèce et Turquie, entre la Hongrie et ses voisins, la Pologne et ses voisins, les états baltes, en Roumanie, dans le Caucase, au Moyen-Orient… Les combattants de 14/18 ont été d’ardents patriotes, mais aussi des hommes de paix, dénonçant la barbarie de la guerre : « plus jamais ça » disaient-ils, convaincus que ce conflit serait « la der des ders ». Les tensions politiques,
les rancœurs des vaincus, les crises économiques et sociales ranimeront les conflits en Europe et dans
le monde. Sous différentes formes, la guerre, ce fléau de tous les temps, menace les hommes de bonne
volonté, la paix est un enjeu toujours en péril.
Dans ce conflit Villers-Buzon compte sept « morts pour la France », tués au combat, disparus ou décédés en captivité : Antoine-François Sauldubois, Étienne Chatrenet, Ernest Viénet, Virgile Viénet, François Jeannin, Albert Gruet et Lucien Viprey. Le village, qui avait compté 239 habitants en 1810, s’enfonce dans son déclin démographique, de 113 habitants en 1913, il est passé à 85 en 1920 et n’en compte plus que 70 en 1946.